Evolution des pratiques agricoles

Evolution annuelle des dates de semis

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L’analyse de l’évolution annuelle de la date de début de semis d’une culture dans différentes unités expérimentales montre :
(1) une tendance à plus de précocité pour la culture du maïs, principalement marquée à Mirecourt, avec une césure significative à partir de 1980 ;
(2) que les dates de début de semis du maïs ne sont pas sensiblement différentes d’une unité expérimentale à l’autre ;
(3) que concernant la culture du blé, une évolution est significativement perceptible à Mirecourt (coefficient de détermination R²=0.80), avec une baisse notable pour les décennies 70, et une stabilisation à partir de 1987 autour de la mi-septembre (soit un mois plus tôt qu’en 1970 !) ;
(4) que les dates de début de semis du blé sont en revanche sensiblement différentes d’une unité expérimentale à l’autre : un écart de 20 jours supplémentaires séparent les semis de Colmar (climat semi-continal) à ceux de Mirecourt et de 40j supplémentaires pour Auzeville,
(5) que de façon générale, la variabilité interannuelle persiste. Les raisons de l’avancée générale de la date de semis au cours des dernières décennies sont susceptibles de trouver plusieurs explications :
(1) une moindre perception du risque de gel de printemps par les pilotes des UE, lors des semis de maïs,
(2) un raccourcissement des cycles physiologiques par une maturité plus précoce en saison (de 3 semaines à 4 semaines et demi en moyenne sur 30 ans respectivement pour le blé et le maïs),
(3) le choix de variétés appropriées au terroir et plus résistantes (sélection génétique : exemple de variétés peu sensibles à la germination sur pied pour le blé ; plus appropriées à des disponibilités en degrés jours plus élevées pour le maïs, etc.). « Ce que le climat ne permet pas, on essaie de le rattraper sur la variété » (UE Colmar) ;
(4) la recherche d’un rendement optimal couplé à une qualité satisfaisante à la récolte « semer précocement des variétés tardives pour une récolte plus précoce en saison » (UE Mirecourt) ;
5) la modification des systèmes de culture (passage du blé dur au blé tendre ; préférence pour une culture de printemps derrière un maïs ; révision des stratégies de travail du sol, de fertilisation, d’irrigation, etc.) et de spéculation (régression des précédents à blé récoltés tard dans le Sud-Ouest : « des fois, si on ne rentre plus dans le créneau climatique, mieux vaut changer de culture »). La modification des pratiques culturales passe par une bonne connaissance du complexe ‘climat / plante / sol’ ;
(6) l’augmentation des surfaces dans le temps (débuter au plus tôt le chantier de semis à l’échelle de l’exploitation, pour qu’il soit fini avant la date butoire; libérer du temps après la récolte pour la préparation du suivant) ;
(7) la taille et la performance (plus élevées) du matériel agricole (rapidité du chantier de préparation du sol avant semis et donc semis dans la foulée plus précoce) ;
(8) l’adoption de stratégies de travail du sol (fissuration verticale avec une herse pour permettre un bon enracinement de la culture, un labour avant les semis des céréales d’hiver en remontant la couche humide du sol et permettre une meilleure levée, etc.) et de semis (semer à une juste profondeur, semer plus dense si on prend des risques) permettant de s’affranchir de certaines contraintes climatiques : « Avec les techniques culturales aujourd’hui, on arrive à tamponner la date de semis pour réagir sur le climat » (UE Colmar).